
Le Centre hospitalier d’Oloron a récemment accueilli Maud Galibert, chargée de mission Unité durable au CHU de Bordeaux, dans le cadre de la démarche de labellisation du bloc opératoire. Cette visite de labellisation s’inscrit dans le cadre d’un déploiement régional soutenu par l’ARS Nouvelle‑Aquitaine visant à reconnaître des unités de soins exemplaires, capables de réduire significativement leur impact environnemental tout en garantissant la qualité, la sécurité et la performance des soins.
Le verdict de la labellisation est attendu courant du mois, à l’issue de cette phase d’observation et d’analyse des pratiques mises en place.
Depuis plusieurs années, le bloc opératoire du CH d’Oloron est investi dans une démarche de développement durable, conscient que son activité figure parmi les plus importants pourvoyeurs de déchets à usage unique au sein d’un établissement de santé. Forte de cette prise de conscience et d’une dynamique collective déjà bien engagée, l’équipe du bloc s’est elle‑même portée candidate pour intégrer le dispositif de labellisation des Unités durables.
L’objectif est clair : faire du bloc opératoire une unité pilote, capable de réduire son empreinte environnementale tout en maintenant un haut niveau de qualité, de sécurité et de performance des soins. La démarche s’appuie sur les sept thématiques du guide des Unités durables : gouvernance et mobilisation, soins durables et éco‑soins, santé‑environnement, économie circulaire et gestion des déchets, consommation d’eau et d’énergie, sobriété numérique, mobilité, promotion de la santé et bien‑être des professionnels et des patients.
Les premières étapes ont été structurantes : formation de deux référentes formatrices en mars 2025, élaboration du projet et du plan d’actions en avril 2025, puis montée en compétence progressive d’autres référents développement durable au sein de l’établissement sur la période 2025‑2026.
Le bloc opératoire du CH d’Oloron a intégré les principaux leviers nationaux de réduction de l’impact environnemental, désormais incontournables dans les démarches de transformation écologique en santé.
L’arrêt du protoxyde d’azote, gaz à effet de serre à fort pouvoir réchauffant, constitue une évolution majeure des pratiques d’anesthésie. La restructuration des filières de tri des déchets a permis une amélioration significative des résultats, notamment concernant les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI), dont les volumes sont passés de 706 kg à 34 kg, générant une économie annuelle de 2 430 €.
Ces actions sont complétées par une politique affirmée de sobriété énergétique (extinction de l’éclairage la nuit, réduction de la ventilation hors activité, arrêt systématique des équipements inutilisés) et de sobriété numérique (fin des impressions, dématérialisation des documents, actions de digital clean‑up), intégrées au fonctionnement quotidien du bloc.
Au‑delà de ces actions socles, le bloc opératoire du CH d’Oloron se distingue par des initiatives locales innovantes, directement issues de l’implication des équipes.
La table d’anesthésie loco‑régionale (ALR) a été repensée afin de limiter les consommations de dispositifs et de consommables, permettant de générer 170 € d’économies annuelles et 19 kg de CO₂ évités, soit l’équivalent d’environ une heure de trajet en voiture thermique. La gestion du linge opératoire a également été optimisée, avec l’utilisation de 2 à 3 draps au lieu de 4, réduisant les consommations de ressources.
Dans une logique d’économie circulaire et de solidarité, les équipes ont conçu des coussins à partir de matériel recyclé et mis en place une armoire solidaire, favorisant la réutilisation encadrée de matériel. L’extinction de la ventilation la nuit constitue un autre levier local fort, adapté aux contraintes du bloc opératoire.
Par ailleurs, le développement des thérapies complémentaires (hypnose, reiki, communication thérapeutique…) s’inscrit pleinement dans cette dynamique : il contribue à améliorer le confort et le bien‑être des patients tout en accompagnant l’évolution des pratiques professionnelles.
Pour soutenir l’engagement des équipes, le bloc opératoire a mis en place une minute RSE : un temps collectif d’information hebdomadaire, complété par une lettre d’information dédiée, favorisant le partage des avancées, des résultats et des bonnes pratiques.
La téléconsultation post‑opératoire (AMOS) complète ce dispositif en limitant les déplacements inutiles, avec un triple bénéfice : confort patient, continuité des soins et réduction des émissions liées au transport.
Des résultats mesurables, au service de l’excellence
Les résultats globaux confirment la pertinence de la démarche : 108 074,02 € d’économies annuelles et 91 tonnes de CO₂ évitées, soit l’équivalent de 91 allers‑retours Paris–New York.
Cette dynamique environnementale et organisationnelle contribue également à l’excellence reconnue du CH d’Oloron. Le classement de l’établissement à la 5ᵉ place nationale en chirurgie ambulatoire dans le palmarès Le Figaro s’explique notamment par le fait que plus de la moitié des professionnels du bloc opératoire sont formés aux thérapies complémentaires, favorisant des prises en charge innovantes, qualitatives et centrées sur le patient.
Le label « Unité durable », initié par le CHU de Bordeaux et aujourd’hui déployé à l’échelle régionale. Il repose sur le guide des Unités durables et une démarche participative au plus près des équipes de terrain, visant à identifier, mettre en œuvre et évaluer des actions concrètes de réduction de l’empreinte environnementale des unités de soins, tout en préservant la qualité, la sécurité des soins et le bien‑être au travail. La labellisation permet de valoriser les pratiques engagées et de favoriser le partage d’expériences entre les professionnels et les différents établissements qui ont intégré la démarche.
Fort de l’expérience acquise au bloc opératoire, le Centre hospitalier d’Oloron ambitionne de déployer progressivement cette démarche de labellisation dans d’autres secteurs stratégiques : l’Unité de Surveillance Continue (USC), les Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR), puis l’EHPAD L’Âge d’Or, afin d’inscrire durablement la transition écologique dans l’ensemble du parcours de soins et d’accompagnement.
Cette démarche repose avant tout sur un engagement humain fort. Le CH d’Oloron remercie tout particulièrement les deux référentes Unités durables, Frédérique SUBIALI (IADE) et Maria‑Pilar GUILLEN‑PINEDA (IBODE), accompagnées du référent médical, le Dr Gil HUBERT, Médecin Anesthésiste‑Réanimateur.
Ils s’appuient sur l’implication de l’ensemble des professionnels du bloc opératoire, pleinement investis et mobilisés à leur échelle, ainsi que sur l’accompagnement structurant du Groupe RSE de l’établissement, engagé tout au long du projet.
Cette mobilisation collective démontre qu’un établissement de proximité peut être à la fois performant, innovant et exemplaire en matière de développement durable, au service des patients, des professionnels et du territoire.